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smiley : regular_smile Who's that girl ?

 

samedi 09 février 2008 à 00h28 par let it be | # | 1 commentaire

smiley : envelope Les fantasmes finissent mal en général

12h55 Terrasse Les fatals picards "Elle est belle la France"

Ce midi je n'ai fait qu'apercevoir la belle Déborah. Le temps d'attacher mon vélo au premier réverbère rencontré et elle avait disparu. J'étais descendu spécialement pour la voir, parce que cela faisait un petit moment que je n'avais pas eu ma dose de la madone des trottoirs. Il fallait que je remonte à la surface prendre un peu d'air pour pouvoir retourner naviguer dans les eaux troubles. Je cède à la facilité, le coup de l'eau trouble ce n'est absolument pas ce que je voulais exprimer, mais je trouvais la formule jolie alors je me suis laissé tenter.

Je n'ai fait qu'entrevoir la belle et c'est très bien ainsi, c'est plus sage. Il n'y a que de loin qu'elle peut coller à mon fantasme d'adolescent, de loin que je peux essayer d'harmoniser mon rêve et sa réalité. Si je m'approche trop près, la féroce réalité me rattrape. Comme dirait Anne dans mes Meilleurs Copains :

" Mais saute là, et elle redeviendra une petite bonne femme comme les autres";

Il y a quelques semaines, par un hasard tout juste provoqué, je me suis retrouvé à attendre derrière elle dans une pharmacie. Elle était avec une collègue et j'aurais voulu m'ouvrir le ventre et me vider de mon sang devant elle pour ne plus l'entendre briser 15 ans de fantasme en quelques secondes. Plus je les entendais et plus je devais admettre que la belle Déborah avait la niaiserie d'une Laetitia Hallyday.

Les fantômes de mes fantasmes sont de sortie aujourd'hui puisque vient de passer devant moi Magali, une petite nana qui m'a jeté 15 ans plus tôt. A 18 ans elle était mignonne et j'avais une furieuse envie de passer ma main sous son pull. Aujourd'hui elle a perdu toute sa fraicheur, même son œil ne pétille plus. Elle a pris de l'épaisseur et ses traits sont moins nets, elle est déjà fanée.

Quand elle m'a revu tout à l'heure elle a vivement détourné la tête. Qu'est ce qu'elle craignait que je lui fasse des reproches pour son comportement de pétasse aux gros seins ? Qu'elle se rassure, je ne lui en veux pas elle m'a construit cette conne. Quand bien même lui en voudrais-je que le temps m'aurait largement vengé, il l'a périmée avec une barbarie effrayante. Sa sentence est terrible : condamnée pour les 50 prochaines années à chercher dans son miroir des traces de celle qui éveillait la libido des hommes.

LET IT BE

mercredi 14 novembre 2007 à 09h30 par let it be | # | 10 commentaires

smiley : envelope

12h55  Terrasse  Sanson "Vancouver"

 
Il a suffit qu'il descende la rue dans son cabriolet bleu et qu'ils échangent un signe de la main faussement désinvolte pour qu'une délicieuse chaleur me parcoure tout le corps. Son super héros, celui auquel elle pense seule dans son lit le soir entre ses draps roses comme dirait Berger, qui a besoin d'une décapotable à 40 ans, c'est une révélation.

 Je n'ai pas pu me retenir de tacler la belle. Alors qu'elle expliquait un peu gêné qu'il lui avait reproché de ne pas l'avoir salué alors qu'elle était arrêté derrière lui à un feu, je lui ai dit avec toute la bonhomie dont je suis capable : "ce n'est pourtant pas faute d'avoir une voiture voyante".  Si j'avais voulu aller au clash j'aurais ajouté "mais tu ne m'avais jamais dit qu'il avait un problème avec sa bite ? " Jamais loin, ma culture prolo me soufflait la réplique de l'inspecteur Leroux à Mme Duvernay dans Circulez y'a rien à voir :

 "Un mec qui descend quand on le klaxonne" ça ne me fait pas peur".

 C'est vrai que tout à coup il manquait singulièrement de consistance son bel homme, et c'était un peu comme s'il était le premier domino du domino day et que sa chute allait entrainer celle de tous les autres.

Cette bagnole tellement pathétique m'a regonflé d'orgueil et d'autosuffisance. Puisque la belle est sous le charme de ces types en plastique je comprends qu'elle ne m'apprécie pas plus que ça. Évidemment on ne joue pas dans la même catégorie, la preuve je roule en vélo ! Je pense même que les femmes auxquelles je plais (celles qui me demandent non numéro de carte bleue au téléphone, je ne les compte pas dans la liste) ne sont pas les mêmes que celles qui fondent pour les hommes  qui mettent leur virilité dans leur moteur.

En continuant à dérouler le fil ou à abattre les dominos on est forcé de se confronter à l'allitération et à l'image que j'avais d'elle. L'image était un peu construite par ce que je savais  d'elle et beaucoup par mes fantasmes.  Son goût plus qu'inattendu pour les mauvais clones de Jean Alési bouleverse la donne.  Celle que j'imaginais ne pouvait avoir qu'une vague condescendance pour les propriétaires de voitures de sport. Ce côté Bimbo femme de joueur de foot l'éclaire d'une lumière nouvelle. C'est un peu comme si je venais de mettre la main sur une pièce du puzzle qui me manquait depuis le début. Fiat Lux! Si ma belle s'enthousiasme pour les types aussi voyants je comprends mieux pourquoi je ne truste pas le haut de ses charts.

Ce qui gâche un peu mon autosatisfaction c'est que le dernier domino à culbuter, celui qui est en fin de chaine c'est moi. Car si je me suis laissé cueillir par une nana qui met son réveil le dimanche matin pour regarder auto-moto c'est que j'ai pour le moins un problème de discernement. D'abord il ne faudrait pas tomber dans la caricature, l'allitération est une femme brillante et intelligente dont l'esprit est une mécanique fascinante en mouvement perpétuel. Ceci précisé bien sur que je l'ai passée à Photoshop, j'ai un peu modifié les lignes, j'ai adouci les courbes. C'est le prix à payer pour pouvoir tricher un peu, pour s'offrir un tour de manège,  jusqu'à ce qu'un cabriolet descende la rue…

LET IT BE

mardi 23 octobre 2007 à 04h44 par let it be | # | 5 commentaires

smiley : envelope How do you sleep at night ?

13h05 Terrasse  Miossec "La facture d'électricité".

 J'ai appris incidemment que mon cousin était papa depuis 3 semaines. Prochaine étape pour lui : le labrador ou le crédit immobilier sur 25 ans. Il a 33 ans, il suit le chemin avec application, sans écart. Il est dans les temps il n'a raté aucun checkpoint, il faut dire que sa route était balisée.

 Je ne l'ai pas vu depuis 4 ans, la dernière fois c'était à l'enterrement de mon père. L'inhumation on a rien trouvé de mieux pour rassembler les familles. Il était même arrivé la veille pour jouer son rôle de cousin attentionné, sans doute en souvenir de ce que nous avions été. Il faut dire que pendant 20 ans nous avons été inséparables, il a fait pratiquement toutes mes guerres. J'ai longtemps pensé qu'il était une déclinaison plus épanouie de moi-même, un double plus apaisé, moins heurté.

Je ne suis pas certain que ce soit à mon honneur mais je n'étais pas du tout ravagé par la douleur cette veille d'enterrement. J'étais lucide et je l'observais avec attention. Je retrouvais son humour, sa gentillesse mais je le scrutais à la recherche de celui que j'avais connu. J'aurais voulu le dégrossir, l'aiguiser, je cherchais un scalpel et je trouvais un honnête couteau de boucher. C'est ma faute si je n'ai pas trouvé le scalpel, je ne me suis pas adressé à la bonne personne. Ce n'est pas en lui que je pouvais le trouver c'était en moi dans ce que j'avais imaginé pendant ces 20 années.

La vérité c'est que nous avons toujours été très différents. Souvent je me surprends en flagrant délit de non violence, je me rapproche de ne plus avoir la foi, d'avoir rendu les armes. Lui les armes il ne les a jamais prises. Dès le début il a troqué toute résistance contre un confort mou. Mon cousin c'est Daladier. Il peut s'adapter à tout, du moment que le tout est dicté par la voix du plus fort. Mon cousin c'est Barbibule!

Je ne parle pas de lui avec désinvolture. J'ai mal, un peu. J'ai mal parce que plus jamais je ne trouverai celui que j'imaginais. J'ai mal de ne plus avoir ces illusions qui étaient les couleurs artificielles de mon quotidien.

Et lui, lui il pense quoi de moi? Pas grand-chose, je pense plus souvent à lui que l'inverse. J'ai toujours été plus que lui : plus heureux, plus triste, plus exalté, plus vivant peut-être. Il se dit sûrement que j'ai changé. Il a raison j'ai changé et lui aussi, pourtant nous ne sommes pas plus différents l'un de l'autre aujourd'hui qu'au début des années 80. Mais nous sommes devenus adultes alors le trait qui esquissait nos personnalités s'est affermi. La vie est passée par là elle a demandé des choix, des renoncements et des modèles à copier.

Résultat aujourd'hui il vend des assurances dans l'une de ces campagnes où l'alcoolémie et la consanguinité marquent les visages ou plutôt les trognes. Ca le tire vers le bas, ça l'installe dans une certaine médiocrité, à l'aune de ses clients il est brillant. Dans son monde celui qu'on admire c'est le lourdingue qui a un 4 X 4 à 100.000 euros (enfin lui il dirait 100 K euros) et qui n'a pas son pareil pour escroquer des malheureux en attisant leurs peurs. Je ne suis pas certain que ça tire vers le haut un modèle pareil. Je regrette ne pas être Maupassant et celui que je prenais pour mon frère rêve d'être directeur d'agence. Alors qu'est ce qu'on fait? On ne fait rien, on dit juste  comme Lennon à Mc Cartney:

"…now I'm John
and so dear friends
you'll just have to carry on
The Dream is over"

ou bien version plus hard :

" Those freaks was right when they said you was dead
The one mistake you made was in your head
Ah, how do you sleep?
Ah, how do you sleep at night "

mardi 16 octobre 2007 à 01h05 par let it be | # | 4 commentaires

smiley : envelope Une histoire de concours

12h45 Terrasse. Charlotte Gainsbourg The songs that we sing

 

L'allitération m'a appris qu'elle prenait des cours de salsa et que ça lui plaisait beaucoup. La trentenaire célibataire qui prend des cours de salsa est dans l'antichambre de Meetic, c'est le dernier barreau de l'échelle comme dirait Serge :

 "Elle doit vraiment être au bord du gouffre, et j'en ai vu pas mal des mecs au bord du gouffre dans mon boulot".

Seuls les cinéphiles les plus avertis peuvent comprendre de quel film cette  réplique est tirée, c'est réservé à ceux qui n'ont jamais vu un Truffaut mais qui sont incollables sur la carrière de Farrugia réalisateur. Ah Farrugia, il doit bien se marrer là haut avec Coluche, Desproges et Supernana.  


Cela dit mon allitération a bien des excuses pour être au bord du gouffre : elle vient de rater un concours à l'université. Les dés étaient pipés, comme toujours. Il y avait 28 admissibles et rien qu'en lisant les noms j'ai deviné à qui le concours serait donné, ou plutôt offert sur un plateau orné d'hypocrisie. Ce n'était pas bien compliqué à deviner il suffisait d'observer les rapprochements opérés ces dernières semaines. Les postes ne sont pas donnés aux plus méritants, ils sont donnés à ceux qui sont les mieux cooptés. On fait plaisir aux amis, aux plus serviles ou aux plus intrigants. Les autres, les connards qui pensent que leur travail et leurs qualités pourront être reconnus ne sont là que pour servir d'alibis. Ce sont des alibis d'équité et de justice. C'est comme s'ils fabriquaient la bombe qui les anéantira.

Peut-être suis-je paranoïaque ? Peut-être est-ce une coïncidence et que cette nana qui avait les appuis les plus haut placés étaient aussi la plus valeureuse ? Bon gars comme je suis je serais prêt à le croire, sauf que ce doit être la dixième fois consécutive que je sais qui va gagner la partie avant le début du match. Tout le monde le sait, mais tout le monde joue le jeu de l'hypocrisie avec application et on félicite chaleureusement l'heureux lauréat, c'est à gerber.

 
Le plus affligeant dans tout cela c'est que dans cette belle communauté qui  s'arrange si bien de compromissions et des petits arrangements entre amis on se revendique de gauche. On prétend porter hautes les couleurs du service publique alors qu'on en est le fossoyeur zélé. Ce ne sont pas des salauds,  juste des femmes et des hommes qui manquent d'envergure,  des êtres humains comme moi.  

LET IT BE

mardi 02 octobre 2007 à 02h34 par let it be | # | 8 commentaires
 
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